Chapelles vivantes et Petits foyers de Lumière - Mars 2025
Les textes liturgiques byzantins donnent aux martyrs chrétiens les titres de « porteurs de Dieu » et de « prémices » de l’Univers, offerts en sacrifice pour la paix de l’Église de Dieu sur terre … La constellation des martyrs de Jésus-Christ ne s’est jamais si soudainement multipliée en France que durant les premières années de la Révolution. Des milliers de chrétiens périrent, non seulement par la guillotine, mais aussi par des noyades en masse, les emprisonnements, les déportations, les fusillades, les violences de la populace et de véritables carnages.
L’ancien pacte entre les rois de France et le Dieu trine du Christianisme avait été rompu. Ce pacte immémorial remontait au mariage du roi franc Clovis avec la princesse burgonde chrétienne Clotilde. En 496, Clovis avait accepté le baptême et l’onction sacramentelle des rois chrétiens de la main de Saint Rémi, évêque de Reims. Il inaugura ainsi en France le règne de douze cent quatre-vingt-seize années de rois « très chrétiens ». Cela se révéla le règne le plus fécond d’Europe occidentale. La chute de la monarchie chrétienne, le 10 août 1792, marqua le commencement d’un ordre nouveau. Les valeurs fondamentales, exemptes de tout matérialisme, que la dynastie chrétienne régnante officielle du roi de France, quel que fût le scandale ou l’énormité de ses péchés, de reconnaître devant les hommes et les anges qu’il était un sujet du Créateur du Ciel et de la terre, disparurent.
Antérieurement à l’inauguration rétroactive du nouveau calendrier et, durant ce dernier « an du Seigneur », le roi de France fut décapité le 21 janvier 1793. Dès le 16 octobre, date de l’exécution de la reine, le pillage et la profanation de la basilique royale de Saint-Denis par une foule de révolutionnaires dévoyés avait été programmés. Les restes mortels des souverains français, remontant au roi Dagobert, furent extirpés de leurs sarcophages et de leurs cercueils de plomb avec ceux de leurs épouses et de leurs enfants, jetés dans une fosse commune et livrés à la chaux vive.
Les églises encore ouvertes au culte et pas encore réduites à un usage profane devraient être graduellement converties en temples d’un culte civique, moderne et non chrétien. Le 10 novembre 1793, la cathédrale Notre-Dame de Paris, rebaptisée « temple de la raison », fut l’objet d’une cérémonie religieuse largement annoncée en l’honneur de sa nouvelle dédicace. Sur une étrange scène en forme de montagne érigée au milieu de la vaste cathédrale, « la Raison » incarnée par une belle actrice drapée d’une toge classique avançait d’un pas languissant pour la plus grande délectation de spectateurs masculins. De telles pantomimes artificielles et grandiloquentes, furent montées, les unes après les autres, tant que le gouvernement républicain s’efforça de remplacer la liturgie chrétienne bannie.
Au milieu de tant d’abominations et de crimes, l’holocauste des 16 carmélites, qui s’étaient préparées au martyre plusieurs années auparavant, avec leur prieure, vient trancher avec la terreur tant assoiffée de sang, pour l’apaiser. Ce martyre vécu « tel un seul homme » face à une foule « interdite » devant le courage, la manifestation sublime de la foi vivante de ses seize carmélites de Compiègne allant à la guillotine en chantant sans se lasser, et jusqu’à la dernière : « Louez le Seigneur, toutes les nations, louez-le, tous les peuples ! Car sa Miséricorde est confirmée sur nous, et la vérité du Seigneur subsiste à jamais. Louez le Seigneur ! »
Dieu ne laisse pas de tels sacrifices sans réponse : 10 jours après le martyre des 16 Carmélites, la chute de Robespierre vit décliner la terreur !
Céleste Jérusalem
Notre cité se trouve dans les cieux
Nous verrons l'épouse de l'Agneau
Resplendissante de la gloire de Dieu
Céleste Jérusalem !
1- L'Agneau deviendra notre flambeau
Nous nous passerons du soleil
Il n'y aura plus jamais de nuit
Dieu répandra sur nous sa lumière.
2- Dieu aura sa demeure avec nous
Il essuiera les larmes de nos yeux
Il n'y aura plus de pleurs ni de peines
Car l'ancien monde s'en est allé.
3- Et maintenant, voici le salut
Le règne et la puissance de Dieu
Soyez donc dans la joie vous les cieux
Il règnera sans fin dans les siècles.
Le martyre des 16 carmélites de Compiègne le 17 Juillet 1794
La chute de Robespierre ayant eu lieu le 27 juillet, une décade républicaine après le sacrifice des carmélites, beaucoup y virent un signe de l’efficacité de l’oblation des sœurs. Dès lors, la fin de la grande terreur améliora le sort des prisonniers. Ceux qui ne furent pas libérés, furent du moins jugés plus équitablement avant d’être guillotinés.
MYSTERES DOULOUREUX
Avec la Vierge Marie et les 16 Carmélites de Compiègne
1 « Je crois en Dieu », 1 « Notre-Père », 3 « Je vous salue Marie », 1 « Gloire au Père »
Premier Mystère Douloureux : L’Agonie de notre Seigneur
« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » (Saint Luc : 22, 42)
« Le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde » (Blaise Pascal). Ne veux-tu pas de temps en temps veiller une heure avec lui ? Confesser tes péchés pour le consoler, Lui donner ta tristesse et tes angoisses, prier pour ceux qui rejettent son amour et son salut ?
Ne dors pas trop, reste en tenue de service car : « Notre Adversaire, le Diable, rôde tel un lion rugissant. Résiste-lui, ferme dans la foi, même si tu dois souffrir. » (1 p 5, 8-10)
Épisode de vie des Carmélites de Compiègne
« Dans sa réponse du 10 juillet, le puissant Comité de salut public ordonnait le transfert des seize carmélites à la Conciergerie dans l’attente du procès. Les dossiers prouvant leur culpabilité durent être expédiés au tribunal révolutionnaire où l’accusateur public, Fouquier-Tinville, en reprit les charges.
Par une coïncidence curieuse, l’acte formel d’accusation élaboré par Fouquier-Tinville contre les seize martyres fut rédigé et signé, daté le « 28 messidor An 11 ». Cette date correspondait au 16 juillet 1794, soit la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel. Un signe aussi frappant ne pouvait qu’être rassurant pour la prieure (Mère Thérèse de Saint Augustin). C’est comme si celle-ci s’inclinait en personne pour les gratifier de sa bénédiction céleste.
Si forte que dût être la joie intérieure de Mère Thérèse de Saint Augustin en cette conjoncture, elle ne pouvait pas rester insensible au fait que le salut de quelques-unes de ses filles pouvait être en péril. Si ses aspirations personnelles au martyre d’amour venaient à se réaliser, cet accomplissement ne devait pas devenir une pierre d’achoppement pour une seule âme rachetée par le Sang de Son Bien-Aimé. C’était donc à Lui seul de déterminer l’issue du lendemain, tandis que pour sa part, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver ses filles. Aussi testerait-elle sa volonté dans ce drame ultime. Elle était cependant convaincue intérieurement que le martyre de la communauté entière avait été annoncé par les prophéties et de nombreux signes. Cette conviction avait certainement été renforcée par la récitation quotidienne de l’acte de consécration durant près de deux ans ; ainsi ses filles s’étaient-elles préparées à la réalisation de ces prophéties, qui n’engageraient cependant ni leur foi chrétienne, ni leur profession monastique. L’offrande n’était faite qu’à Lui seul.
C’est pourquoi, paradoxalement, Mère Thérèse de Saint Augustin put continuer de s’offrir en holocauste avec toute sa communauté sans que cela affaiblît en aucune façon son souci maternel de préserver ses quinze filles. A l’instar d’une mère selon la chair, elle se verrait obligée de les défendre des accusations fausses et complètement ridicules brandies par l’accusateur public. Le fait qu’elles s’étaient offertes en holocauste ne pouvait nullement servir de prétexte pour les envoyer à la mort. Son propre martyre ne devait en rien déterminer celui des autres. Le Bien-Aimé gardait ce seul droit.
Ô, Notre-Dame du Mont Carmel, Vous qui avez si bien su accompagner les seize Carmélites de Compiègne à suivre jusqu’au bout la volonté de Votre Fils pour ramener un apaisement de cette grande terreur qui a sévi lors de la Révolution française, nous vous implorons aujourd’hui ainsi que toute cette Communauté Bienheureuse d’intercéder et de supplier Jésus, « eu égard au petit reste » d’intervenir pour la France, qui est en grand danger tant à l’intérieur que vis-à-vis de puissances extérieures.
Dans nos corps armés, des familles ont encore gardé ces valeurs chrétiennes qui élevaient la France. Malgré ce contexte délétère, qu’elles les maintiennent ‘contre vents et marées’. Nous Vous implorons pour ce retour de la Foi, dans nos foyers, dans nos écoles, dans nos armées, dans nos universités, partout où l’on a cherché à remplacer cette seule voie du Salut par un vide immense où se dressent les ténèbres.
1« Notre Père », 10 « Je vous salue Marie » et 1 « Gloire au Père ». Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
Regarde l’étoile
Dans l’angoisse et les périls, le doute,
Quand la nuit du désespoir te recouvre.
Si devant la gravité de tes fautes
La pensée du jugement te tourmente.
Regarde l’étoile, invoque Marie, si tu la suis, tu ne crains rien !
Regarde l’étoile, invoque Marie, Elle te conduit sur le chemin !
Deuxième Mystère Douloureux: La Flagellation
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. (Saint Jean 19, 1)
« Ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises » (Galates 5, 24)
L’impureté, la débauche, l’idolâtrie, les convoitises décevantes ne nous libèrent pas, elles nous enchaînent et flagellent Jésus. « Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » (Saint Matthieu 5, 11-12)
Épisode de vie des Carmélites de Compiègne
Six jours avant la chute de la Monarchie, un décret publié le 4 août 1792 imposa finalement la fermeture de tous les monastères féminins. Le 7 août, l’Assemblée législative ordonna aux municipalités de vérifier l’inventaire officiel établi deux années plus tôt – datant dans le cas du Carmel de Compiègne, du 4 août 1790. La saisie effective et le départ de tous les articles constituant le mobilier entier du couvent ne furent cependant pas exécutés avant le 12 septembre.
La chute de la Monarchie le 10 août 1792, avec l’incarcération au Temple du roi, de la reine, de leurs deux enfants et de Madame Elisabeth, ne fit que précéder de peu à l’Assemblée une véritable campagne contre les Ordres religieux
Requises par la loi d’évacuer leur monastère dévalisé, les vingt religieuses du Carmel de Compiègne semblent avoir choisi le 13 septembre 1792 pour préparer leur douloureuse sortie dans le monde. Ce sont des amis du couvent qui se mirent en quête d’un logis pour la communauté expulsée. Trouver des vêtements civils pour les vingt religieuses était également urgent, et nécessitait un délai et le recours aux amis. L’argent manquait.
Le logis et les vêtements trouvés, les carmélites sortirent de leur monastère vide le 14 septembre (Jour de l’Exaltation de la Sainte Croix). Il fallut assister l‘une d’entre elle, très souffrante[1].
Beaucoup d’entre elles se sentaient probablement aussi spoliées que leur couvent. Depuis plus d’un demi-siècle, Mesdames Thouret et Piedcourt, ne portaient que l’habit. Le passage à des robes et des justaucorps taillés courts, avec uniquement un grand fichu pour couvrir leur gorge et leurs épaules, devait leur sembler une offense à la plus élémentaire décence.
Ô, Notre-Dame, Avocate des opprimés, intercédez avec les seize Carmélites de Compiègne auprès de votre Fils pour tous nos membres de sécurité et de défense de France, pris lors de douloureuses missions dans des situations plus ou moins sordides. Par vos interventions et le secours de Saint Michel Archange, qu’ils puissent discerner dans l’instant, la réaction la plus adéquate lors de situations périlleuses.
Que l’Esprit-Saint les conduisent tous et chacun vers l’intérieur de leur cœur pour apprendre à sentir le contact avec Dieu surtout dans tout moment ultime.
1« Notre Père », 10 « Je vous salue Marie » et 1 « Gloire au Père ». Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
Jésus le Christ
Jésus le Christ, lumière intérieure,
Ne laisse pas les ténèbres me parler,
Jésus le Christ, lumière intérieure,
Donne-moi d’accueillir ton amour ! (Bis)
Troisième Mystère Douloureux: Le Couronnement d’épines
Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre… (Saint Jean 19, 1-2). Et ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils lui crachaient dessus… (Saint Marc 15, 19)
Nos pensées non soumises à l’obéissance du Christ nous livrent au bourreau et enfoncent encore des épines dans la tête de Jésus. « Les pensées mauvaises sont en horreur à l’Éternel » (Proverbes 15-26) car elles corrompent les mœurs et suscitent la guerre.
Épisode de vie des Carmélites de Compiègne
Le 22 juin 1794, après la perquisition des quatre appartements, les seize carmélites de Compiègne furent arrêtées et enfermées dans l’ancien couvent de la Visitation, au centre de la ville, improvisé maison de détention pour les prisonniers politiques.
Elles étaient habillées fort éclectiquement, de vieilles hardes râpées qui leur ôtaient toute ressemblance avec des religieuses et qui rappelaient encore moins une communauté de carmélites.
Leur incarcération fut très brève, en comparaison de celle des bénédictines anglaises, relâchées seulement au printemps 1795. Entre leur arrestation le 22 juin et leur transfert à la Conciergerie à Paris le 12 juillet, les carmélites ne passèrent que vingt et une nuits à la maison d’arrêt provisoire de Compiègne. Si l’on y ajoute la nuit du 12 juillet passée dans les charrettes ouvertes sur la route de Paris, et les quatre nuits suivantes à la Conciergerie avant le procès et l’exécution le 17 juillet 1794, on arrive à un total de vingt-six nuits. Désorientées, les vingt femmes étaient à nouveau confrontées à ce monde auquel elles avaient un jour tourné le dos mais pour lequel elles s’offriraient bientôt elles-mêmes par un acte quotidien de consécration.
Ô, Notre-Dame, Demeure toute consacrée à Dieu, intercédez avec les seize Carmélites de Compiègne auprès de votre Fils pour tous nos membres de sécurité et de défense de France, afin que l’Esprit-Saint les aide à purifier leurs sentiments et les pensées de leur cœur.
1« Notre Père », 10 « Je vous salue Marie » et 1 « Gloire au Père ». Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
Âme du Christ
1. Âme du Christ, sanctifie-moi ; Corps du Christ, sauve-moi,
Sang du Christ, enivre-moi ; Eau du côté du Christ, lave moi.
2. Passion du Christ, fortifie-moi ; Ô bon Jésus, exauce-moi,
Dans tes blessures, cache-moi, Ne permets pas que je sois séparé de toi.
3. De l’ennemi, défends-moi ; à ma mort, appelle-moi,
Ordonne-moi de venir à toi,
Pour qu’avec tes saints, je te loue dans les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.
Quatrième Mystère Douloureux : Le Portement de la Croix
Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Saint Luc 23, 26-28)
Par amour Jésus, le Fils du Très-Haut s’est dépouillé pour nous combler. Pour être son disciple, « il faut se renier soi-même, prendre sa croix et le suivre. » (Saint Marc 8, 34)
Épisode de vie des Carmélites de Compiègne
Le voyage vers l’échafaud avait commencé. Escortés de gardes montés et de fantassins, les tombereaux qui transportaient les quarante condamnés en cette chaude fin d’après-midi de juillet, cahotaient lentement sur le pavé de la Conciergerie avant de surgir du Palais de Justice. Tandis que le Miserere s’élevait des deux carrioles des carmélites, le cortège des grades, des chevaux, des fantassins et des charrettes cahotantes et sans ressorts tanguait au long des rues mal pavées, au son des vociférations de la soldatesque, des imprécations d’une étrange faune et des exclamations de quelques âmes apitoyées.
Le silence général qui accueillit la procession a été attesté par tous les témoins. Ce soir-là, les voix passionnées qui raillaient quotidiennement les victimes étaient frappées de mutisme. Même les « furies de la guillotine » autour de l’échafaud, se taisaient. Dans une atmosphère de sinistre attente, la foule les observait en silence.
Les visages des carmélites respiraient une joyeuse attente, leurs blancs manteaux et leur lente psalmodie éveillaient sans aucun doute dans de nombreuses âmes un écho poignant d’un passé perdu, d’un passé qui respectait les choses saintes. D’autres pouvaient être impressionnés par l’acceptation sereine avec laquelle les Sœurs accueillaient l’injustice et la mort, car quelque chose d’ineffable émanait visiblement de leur inébranlable résolution. On ne sentait ni regret, ni tragédie. Leur façon d’être semblait démontrer que la mort sous la guillotine était pour elles le couronnement de leurs vies. N’avaient-elles pas chanté juste la nuit précédente, qu’était arrivé leur « jour de gloire » ? Le chant austère et monotone coulait sans effort comme un courant rafraîchissant à travers la moiteur oppressante de cet insupportable laps de temps durant lequel chaque rue, chaque boutique dépassée signifiait leur anéantissement prochain. Que d’anecdotes parlent d’elles-mêmes, notamment cette bienveillante spectatrice offrant un verre d’eau aux religieuses qui psalmodiaient dans les carrioles.
Ô, Notre-Dame, Reine des missions, intercédez avec les seize Carmélites de Compiègne auprès de votre Fils pour tous nos membres de sécurité et de défense de France, afin qu’ils répondent par leur « fiat » à la mission du Bien-Aimé, qui rejoint toujours la vie de chacun.
Par leur bravoure et leur don d’eux-mêmes associés à cet esprit de collégialité lors des missions, qu’ils touchent le cœur de Dieu, surtout s’ils venaient à tomber au champ d’honneur. Que par l’intercession de la Vierge Marie et des seize carmélites de Compiègne, Dieu leur fasse Miséricorde.
1« Notre Père », 10 « Je vous salue Marie » et 1 « Gloire au Père ». Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
Ô Jésus, tu es doux et humble de cœur
Ô Jésus, tu es doux et humble de cœur
Rends mon cœur semblable au tien (Bis)
Jésus, Fils de David, aie pitié de moi,
Jésus, j’ai confiance en Toi !
Ouvre mes yeux, Seigneur fais que je voie,
Jésus, j’ai confiance en Toi !
Cinquième Mystère Douloureux : Le Crucifiement et la mort de Jésus en Croix
Au Golgotha, ils le crucifièrent et avec lui les deux malfaiteurs. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Saint Luc 23, 33-34)
« Mais Lui, Il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur Lui, et dans ses blessures nous avons la guérison. » (Isaïe 53,5) « Lorsque nous regardons la Croix, nous savons combien Jésus nous a aimés ; quand nous regardons le Tabernacle, nous savons combien il nous aime maintenant. » (Mère Térésa) Apprenons donc à aimer et à nous laisser aimer, à demander pardon et à pardonner. Cette science-là, s’apprend à l’école de Jésus et de Marie. Seigneur, par Marie, garde chacun fidèle à ta volonté, dans ton amour !
Épisode de vie des Carmélites de Compiègne
L’apparition quotidienne des premiers tombereaux sur la place du Trône était toujours un moment hautement dramatique. La puanteur du lieu frappait au creux de l’estomac, telle une nausée, les condamnés qui ne s’y attendaient pas, tandis que la foule impatiente observait attentivement, traquant leur réaction avec un regard d’oiseaux de proie. Ce soir-là toutefois, le chant austère des seize religieuses en habit s’élevait sans trêve. Le silence qui s’était instauré à leur passage s’était soudain étendu à la foule.
Monté sur son haut échafaud, dressé face au ciel vespéral encore éclatant, le couperet défiait de son réalisme dépouillé le courage d’éventuels martyrs. L’heure n’était plus, pour la prieure avisée, de livrer une bataille intérieure à la peur. Elle s’était préparée à ce moment fatal et abordait la tranchante réalité de l’échafaud avec les non moins tranchantes affirmations théologiques du Te Deum. Paradoxalement, elle semblait lancer les puissantes louanges dogmatiques de cette hymne à la violente promesse de ce mécanisme d’acier et de bois. Avec un courage sans faille et d’une voix claire, elle entonna en latin le Te Deum Laudamus : « C’est Toi que nous louons, Ô Dieu ! » D’un seul cœur et d’une seule voix, les religieuses reprirent le verset suivant : « C’est Toi que nous confessons être le Seigneur ! »
Insouciantes de leur imminent anéantissement, ces femmes vêtues de blancs manteaux louaient Dieu. La surprise révérencielle inspirée par cette extraordinaire approche de la guillotine peut partiellement expliquer que la foule soit restée respectueusement silencieuse à la lente arrivée des tombereaux qui traversaient la vaste et puante étendue de la place. Un verset suivait l’autre sans trêve. Leur chant s’élevait calme et serein, au fur et à mesure qu’elles se dirigeaient vers l’échafaud et qu’elles se retrouvaient face au couperet d’acier. Les voix des religieuses résonnaient encore, nullement altérées par cette proximité, affirmant hardiment la seule vérité pour laquelle elles allaient mourir : « C’est Toi, Père Éternel qu’adore toute la terre ! » Une telle salutation de la guillotine était sans précédent. On décelait d’ordinaire une répulsion viscérale chez les condamnés parvenant à ce lieu hideux et répugnant à l’odeur écœurante.
Les sœurs entonnèrent le Veni Creator Spiritus devant la guillotine, invoquant le Saint Esprit pour être vivifiées et embrasées du feu de Dieu au moment où elles allaient renouveler leur consécration devant lui. Fut-ce à ce moment-là, ou plus tôt, que Sœur Constance, en proie à l’incertitude, s’accusa soudain devant la prieure de ne pas avoir achevé la récitation de l’office ? Mère Lidoine (la prieure) la rassura aussitôt : « Allez, ma fille, confiance, vous l’achèverez au Ciel ! » Cette anecdote confirme à la fois sa propre proximité des Sœurs à l’approche imminente du supplice et le courage de la jeune novice face à la réalité de la guillotine.
Mère Lidoine est prête. Sœur Constance, rassurée au sujet de la récitation de l’office et appelée par la prieure, s’approche avec confiance. Toutes les relations notent l’absence totale de crainte dans son comportement. Pleinement consciente d’avoir enfin prononcé ses vœux et d’être sur le point de mourir carmélite professe, elle semble transfigurée par l’Esprit-Saint vivifiant qu’elle venait d’invoquer. Elle s’agenouille aux pieds de la prieure, pour faire son premier et dernier acte d’obéissance de professe. Mère Lidoine lui donne une ultime bénédiction et tend à sa plus jeune fille, pour un dernier baiser, la petite statuette d’argile de la Vierge à l’Enfant, dissimulée dans sa paume.
La tête modestement inclinée, Sœur Constance demande de sa voix jeune et claire :
« Permission de mourir, Ma Mère ? - Allez, ma fille ! » On rapporte que ce fut après s’être relevée, alors qu’elle gravissait les premières marches de l’échafaud, que Sœur Constance entonna le premier verset du psaume Laudate Dominum, omnes gentes. C’était celui que chantait Sainte Thérèse d’Avila lors de la fondation d’un nouveau Carmel.
Ô, Notre-Dame, Mère du Christ et notre Mère, intercédez avec les seize Carmélites de Compiègne pour la situation de la France d’aujourd’hui ! Libérez la France de tout attentat et crimes odieux et risque de guerre intérieure et/ou extérieure.
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Mère Thérèse de Saint Augustin volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Constance volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Marie Henriette de la Providence volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Saint François Xavier volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Thérèse volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Mère Henriette de Jésus volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et sœur Thérèse de Saint Ignace volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Marie du Saint-Esprit volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Saint-Louis volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Catherine volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Sainte Marthe volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Thérèse du Cœur de Marie volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Julie-Louise de Jésus
volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur Charlotte de la Résurrection volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs ;
Auguste Reine des cieux avec Saint Michel Archange et Sœur de Jésus crucifiée volez au secours de la France, sauvez la France et tous ses défenseurs.
1« Notre Père », 10 « Je vous salue Marie » et 1 « Gloire au Père ». Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, que les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
Vivons en enfant de Lumière
Vivons en enfant de lumière
Sur les chemins où l’Esprit nous conduit : que vive en nous le Nom du Père !
1- l’heure est venue de sortir du sommeil ! Voici le temps de l’appel au désert !
Allez où va le Fils de l’homme, la joie de Dieu sur Lui repose
2- L’heure est venue de lutter dans la nuit, Voici le temps d’affronter l’ennemi !
N’ayez pas peur face aux ténèbres, à l’horizon la Croix se dresse !
Pour aller plus loin…
La Communauté des Carmélites de Compiègne par âge
(le 17 juillet 1794)
Âge |
Nom de famille |
Nom de religieuse |
Place dans la communauté |
78 |
Piedcourt |
Sœur de Jésus crucifiée |
Choriste |
78 |
Thouret |
Sœur Charlotte de la Résurrection |
Choriste |
58 |
Brard |
Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception |
Choriste |
52 |
Crétien de Neuville |
Sœur Julie-Louise de Jésus |
Choriste |
52 |
Hanisset |
Sœur Thérèse du Cœur de Marie |
Choriste |
52 |
Dufour |
Sœur Sainte-Marthe |
Converse |
52 |
Soiron |
Sœur Catherine |
Externe |
51 |
Roussel |
Sœur Marie du Saint-Esprit |
Converse |
51 |
Trezel |
Sœur Thérèse de Saint Ignace |
Choriste |
49 |
De Croissy |
Mère Henriette de Jésus |
Choriste Ancienne prieure Maîtresse des novices |
46 |
Soiron |
Sœur Thérèse |
Externe |
42 |
Brideau |
Sœur Saint-Louis |
Choriste Sous-prieure |
41 |
Lidoine |
Mère Thérèse de Saint Augustin |
Choriste Prieure |
34 |
Pelras |
Sœur Marie Henriette de la Providence |
Choriste |
30 |
Vérolot |
Sœur Saint François Xavier |
Converse |
29 |
Meunier |
Sœur Constance |
Novice[2] |
Les trois professes qui n’ont pas participé à l’holocauste[3]
59 |
Legros |
Sœur Stanislas de la Providence |
Choriste |
46 |
Jourdain |
Sœur Thérèse de Jésus |
Choriste |
32 |
Philippe[4] |
Sœur Joséphine Marie de l’Incarnation |
Choriste |
[1] Madame d’Hangest
[2] Novice qui n’a pas pu prononcer ses vœux de choriste, en vertu de la loi du 29 octobre 1789.
[3] Ces trois sœurs étaient absentes de Compiègne le 22 juin 1794, jour de l’arrestation de leur communauté.
[4] Auteur de « La relation du martyre des seize carmélites de Compiègne ». Françoise Geneviève Philippe a laissé au carmel de Sens une collection importante de documents et de reliques provenant de sa communauté disparue. Quarante-deux ans après l’holocauste de ses Sœurs, elle y finit ses jours dans un appartement qu’elle occupait comme hôte payante depuis quatorze ans.
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